Les satellites de la série ECS (European Communications Satellite) ont révolutionné le monde des télécommunications : cette première génération de satellites européens de télécommunications véritablement opérationnels a établi le premier réseau relais dans l’espace. Leur lancement avait été précédé par le développement de satellites expérimentaux, les OTS (Orbital Test Satellite), conçus pour être placés en orbite géostationnaire. Idée révolutionnaire à l’époque, les satellites étaient composés d’un module d’alimentation en énergie et d’un module de charge utile. Le module d’alimentation fournissait l’énergie nécessaire au satellite et servait au contrôle d’attitude et d’orbite. Il pouvait être rapidement complété, à moindres coûts, par un module de charge utile composé de systèmes spécifiques. Ce principe modulaire a fait ses preuves, puisqu’on le retrouve aujourd’hui sur tous les satellites de télécommunications.
Par ailleurs, ECS a été le premier satellite à embarquer un microprocesseur de 16 bits. Le 1er janvier 1984, la chaîne de télévision privée SAT1 a pu diffuser ses premières émissions en Allemagne grâce aux satellites ECS. Cette famille de satellites, construite par la société Matra – maintenant EADS – a parfaitement fonctionné en orbite jusqu’en 2002.
Ce satellite, produit en coopération franco-allemande, était destiné à faire son entrée sur le marché des satcoms. Symphonie était un condensé d’innovations audacieuses : pour la première fois, un satellite était équipé d’un système de stabilisation trois axes utilisant pour cela une roue inertielle à rotation rapide. Autres nouveautés : les panneaux solaires déployables, permettant d’augmenter la puissance de 20 watts, ainsi que la mise en œuvre, pour la première fois, d’un moteur d’apogée bi-liquides. Ces propulseurs de 400 Newton sont devenus la propulsion standard des véhicules spatiaux les plus divers. Par ailleurs, un moteur biergol de 10 N remplaçait le système monergol habituel à gaz froid.
Et enfin, Symphonie était équipé de nouvelles antennes couvrant seulement une petite surface sur la Terre, de sorte à pouvoir minimiser la taille des antennes au sol.
Un saut qualitatif important a été franchi avec les satellites franco-allemands TV-Sat/TDF1 en matière de technique d’émission depuis l’espace : les satellites étaient équipés de tubes à ondes progressives dont la puissance émise était supérieure d’un facteur 10 par rapport aux précédents satellites de télécommunications. Tous les foyers, moyennant l’installation d’une petite antenne parabolique, pouvaient ainsi recevoir les émissions en ‘direct’ du satellite. Par ailleurs, ils étaient dotés de gigantesques panneaux solaires capables de générer une formidable puissance de 3000 watts.
Les satellites étaient basés sur la plate-forme Spacebus 300, développée par Aérospatiale – aujourd’hui EADS. Leur lancement a eu lieu en 1987/1988.
Les satellites allemands Kopernikus-DFS ont marqué un progrès important dans la technologie des satellites : grâce à l’utilisation de nouvelles bandes de fréquences, les services de télécommunications numériques ont pu bénéficier de vitesses de transmission dépassant de loin les capacités des réseaux terrestres. Les satellites ont également permis la diffusion sur le territoire national des programmes de TV par les réseaux câblés publics.
Le lancement des satellites de télédiffusion directe a eu lieu en 1989, 1990 et 1992.
Les satellites en orbite basse sont équipés de cellules solaires pour assurer leur alimentation en énergie. EADS est un des leaders de ce marché. Si, auparavant, la production des cellules solaires était plutôt une affaire de ‘détail’, elle est devenue, grâce aux constellations de satellites Globalstar et Galileo, une production de série. Pour les 76 satellites Globalstar formant un réseau de téléphonie mobile mondial, 152 générateurs solaires ont été produits.
EADS est également chargé des générateurs solaires qui équiperont les 30 satellites du système de navigation par satellite Galileo.